Les dimensions de soi : art et accomplissement personnel

Les dimensions de soi — pourquoi l’art naît de l’accomplissement personnel

Philosophie de l’art et perception Par André Wagner

Un essai sur la diversité intérieure, la profondeur de l’esprit et les limites de la surface

Dans un monde où le visible sert souvent de mesure à toute chose, l’invisible reste fréquemment inexploré. C’est pourtant là que l’art commence. Il dépasse l’expression : il reflète nos mondes intérieurs. Ces mondes, si divers soient-ils, restent fermés si nous ne commençons pas à nous connaître.

L’accomplissement personnel n’est ni une aventure égocentrique ni la fierté d’une image fabriquée. C’est une nécessité discrète pour entrer dans un dialogue véritable, avec une personne, une toile, une photographie ou une forme. Se percevoir soi-même permet de s’exprimer en profondeur. Sinon, nous restons à la surface : forme, corps, apparence.

Si nous croyons n’être que ce corps, notre art se réduit lui aussi à l’extérieur. Nous créons alors des images qui plaisent sans toucher, qui brillent sans murmurer. Un art de l’attachement plutôt que de la liberté.

Comme nous nous irritons lorsqu’une personne raye notre voiture parce que nous la ressentons comme une part de notre identité, nous réagissons à la critique de notre art lorsqu’il naît de l’attachement à soi plutôt que de la liberté intérieure. Pourtant, l’art n’est pas un bien assuré. C’est un don : une part d’âme laissée libre.

L’apparence extérieure, corps ou technique artistique, n’est qu’une première dimension. Au-delà se trouve celle de l’esprit, perceptible dans notre goût du silence, de la littérature, de la musique, de tout ce qui peut exister sans forme matérielle. Cultiver cette dimension fait de l’œuvre un réceptacle de pensée et de diversité. Chaque prise de vue, image ou composition devient alors une fenêtre sur une autre réalité.

Le corps dispose de peu de moyens d’expression. L’émotion est plus diverse, mais fugitive. L’idée, la pensée, la vision demeurent. Une pensée bien formée traverse les décennies ; l’image qui en naît peut parler à plusieurs générations. C’est la culture.

La culture est le fruit mûr d’un intellect exercé, d’un esprit qui s’est exploré et peut désormais entrer en résonance avec d’autres. L’art issu de cette culture intérieure possède une profondeur. Il reste. Il transforme.

Beaucoup s’arrêtent pourtant à ce seuil. Ils effleurent la profondeur sans y entrer, créent sans lien intérieur, montrent sans pénétrer.

Peut-être est-ce notre tâche d’artistes : révéler au-delà de montrer, transformer au-delà de concevoir, susciter un mouvement intérieur au-delà de livrer une image.

Car l’invisible est ce qui demeure.

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L’art dépasse la décoration : il est un miroir de la conscience.
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André Wagner https://www.andrewagner.com Précédent

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